À quelques kilomètres seulement de la frontière népalaise, nous traversons les collines parsemées de plantations de thé nous plongeant dans une atmosphère calme et sereine, loin de l’agitation du reste du pays. Nous voilà dans un tout autre univers, la sensation d’entrer dans un nouveau pays, où les visages népalais et les drapeaux tibétains remplissent le décor.

80 kilomètres nous séparent alors de Darjeeling. Vers midi, après une soixantaine de kilomètres parcourus, on s’arrête pour un repas à flanc de falaise dans une cabane de 3m2 sur pilotis. La cuisinière au sourire local cuisine des Momos (plat originaire du tibet et népalais typique), accompagnée de son beau-père, âgé, orné de ses lunettes et de son bonnet.

Au moment de payer, la cuisinière quitte la pièce paniquée en agrippant son beau-père vers la route, nous suppliant de faire de même. Ne comprenant pas réellement, c’est sans précipitation que nous quittons la cabane. Dehors le vieil homme s’agenouille au milieu du chemin, nos deux motos se balancent de gauche à droite. Nous nous regardons dans les yeux et comprenons. Le sol tremble sous nos pieds, la sensation d’être sur un dock de bateau. La force de la nature est époustouflante, et les sensations inexplicables.

Nous reprenons la route, inconscients qu’à ce moment-ci, la terre avait tremblé au Népal pour la seconde fois en 15 jours, magnitude 7.3.


 

Après quelques jours à Darjeeling, nous reprenons les motos en direction de Sandakphu, perché a 3600 mètres d’altitude. Selon certains, l’accès n’est possible qu’en JEEP, la route est caillouteuse, faite de terre, bosses et rochers : 2000 mètres de dénivelé sur 45 kilomètres, au milieu de l’Himalaya.

La route est raide comme jamais, mais la vue est grandiose. Arrivée à 2800 mètres, la moto de Loïc nous lâche. On s’arrête pour réparer le carburateur à proximité d’une petite ferme d’altitude. Après plusieurs heures de réparations, nous reprenons la route, croisant les doigts pour rejoindre le prochain village. À quatre kilomètres de là, la moto n’en fait qu’a sa tête, la nuit tombe et la brume épaisse s’empare de la vallée, nous décidons de planter la tente.

Sans provisions, libres comme l’air, avec pour seule fenêtre l’entrée zippée de notre chambre verte.

Le vent souffle, les bâches qui recouvrent nos motos claquent, la toile de tente se plie et se tord de tous côtés. La nuit est froide et la pluie frappe le sol violemment, le ciel est maintenant couvert d’un épais brouillard. Dans ce tableau mystique, se rajoutent les éclairs agissant comme des stroboscopes, grondants dans l’écho des montagnes. À 3200 mètres d’altitude, sous l’orage, notre tente n’est plus étanche. On passera une nuit agitée, humide et fraîche. L’expérience d’une vie.

 

 

 

 

Vue sur la rivière Teesta et sur les montagnes du Sikkim, Himalaya nous voilà !

Vue sur la rivière Teesta et sur les montagnes du Sikkim, Himalaya nous voilà !